Le running, encore et toujours plus innovant !

Alors que le mois de mars et d’avril ont fait la part belle aux actualités running, avec notamment le Salon du Fitness, le Salon du Running et le Schneider Electric Marathon de Paris, le Tremplin a décidé de consacrer son dossier mensuel à ce phénomène en croissance constante : la pratique du running.

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Crédit photo : Site officiel Schneider Electric Paris Marathon

Le marché du running

Phénomène de société, marché porteur, la course à pied attire toujours plus de français comme en témoigne la dernière étude BVA et Union Sport & Cycle sortie en janvier dernier. 13,5 millions de français âgés de 18 ans et plus déclarent avoir pratiqué au moins une fois la course à pied sur les douze derniers mois, soit près de 27% des français (une hausse de 6 points depuis 2012). Cette étude révèle également que le nombre de pratiquantes a augmenté de près de 45% sur la même période. Dépassement de soi, plaisir partagé, moyen de rencontre, la course à pied dépasse aujourd’hui le simple enjeu sportif. Les start-up, qui ont saisi le potentiel du running, s’engouffrent de plus en plus dans ce marché qui représente plus de 850 millions d’euros de ventes annuelles, soit deux fois plus que le football.

Le marathon en moins de 2 heures : le projet « Breaking 2 »

Les innovations technologiques concernent tant les amateurs que les professionnels de la course : à la recherche de meilleures performances, les professionnels sollicitent constamment le monde de l’innovation.

Le projet lancé par Nike « Breaking 2 » illustre particulièrement bien la perpétuelle course à l’amélioration du chrono du sportif. L’objectif de Breaking2 ? Permettre aux marathoniens de briser la barrière mythique des deux heures sur marathon, alors que le record du monde actuel, détenu par Dennis KIMETTEO, est de 2 heures, 2 minutes et 57 secondes. Soit quasiment 3 minutes de différence, une éternité pour un marathonien.

Pour parvenir à cet objectif, Nike a dégainé les grands moyens. La marque a d’abord sélectionné trois marathoniens africains :

  • Eliud KIPCHOGE, champion olympique en titre ;
  • Lelisa DESISA, vainqueur du marathon de Dubaï et double vainqueur du marathon de Boston ;
  • Zersenay TADESE, actuel détenteur du record du monde du semi-marathon en 58 minutes et 23 secondes.

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    Les 3 athlètes sélectionnés dans le cadre du projet « Breaking 2 ».

A ce trio d’athlètes, Nike a joint de nombreux experts en ingénierie, développement de matériaux, nutrition, psychologie du sport, physiologie et biomécanique. Ces experts sont chargés d’étudier les possibilités d’amélioration de leurs temps, à travers l’optimisation de leurs équipements, de leurs programmes d’entraînement et de leur rythme de vie (nutrition, hydratation, repos, phase d’affûtage…).

Côté équipements, les athlètes porteront un modèle de chaussures dessinées pour pénétrer l’air, avec une plaque en carbone glissée dans la semelle pour d’une part, faire économiser de l’énergie à l’athlète et, d’autre part, la lui restituer en phase de propulsion. Ils porteront également une tenue pensée pour optimiser l’écoulement de l’air. Plus étonnant, ils seront aussi équipés de plaques sur les mollets qui feront offices d’ailerons, à la manière d’une voiture équipée pour une course automobile.

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Croquis et travaux utilisés par les équipes de Nike.

Enfin, le choix du parcours a aussi fait l’objet d’une sélection drastique opérée en fonction de la météo, de la composition du sol et de la qualité du tracé : c’est finalement une portion du circuit de Monza, qui accueille le Grand Prix automobile d’Italie depuis 1950, qui a été sélectionnée.

Du matériel de professionnel pour des amateurs

Pour Virgile CAILLET (délégué général de l’Union Sport & Cycle), si les marques investissent tant pour la performance des professionnels du running, c’est notamment pour « démontrer leur expertise technologique », à la manière des écuries de Formule 1 qui mettent en avant leurs dernières innovations pour séduire le grand public.

Lorsque l’on sait que plus de 8 millions de paires de running sont vendues chaque année et que le panier annuel des coureurs s’élève en moyenne à 570 euros, la stratégie s’avère juteuse pour les marques.

Ainsi, des innovations initialement réservées au sportif professionnel immergent le marché du grand public.

Par exemple, la paire de running utilisée dans le cadre du projet « Breaking 2 » sera bientôt commercialisée sous le nom de « Nike Zoom Vaporfly 4% ». Elle intégrera les innovations évoquées ci-dessus : semelle en mousse ultralégère, niveau de retour d’énergie jamais atteint, plaque en carbone unidirectionnelle…

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Nike Zoom Vaporfly 4%, disponible à la vente en juin 2017.

Les start-up françaises proposent également au grand public des innovations dignes des professionnels.

Par exemple, la start-up Enko a développé et commercialise une chaussure de running qui restitue à l’aide de deux amortisseurs l’énergie emmagasinée à chaque foulée, lorsque le coureur redécolle ses talons du sol. Deux avantages principaux : d’une part, un meilleur amorti et donc la protection des articulations et d’autre part, un boost pour améliorer la performance.

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Fonctionnement de la chaussure développée par la start-up Enko.

C’est aussi le cas de l’entreprise lyonnaise Cityzen Sciences, leader du textile connecté, qui commercialise notamment une brassière technique capable de fournir des données disponibles sur une application smartphone, en temps réel. Pour l’anecdote, cette entreprise a séduit jusque dans l’espace, puisque l’astronaute Thomas PESQUET est équipé d’un tee-shirt connecté de la marque pour ses séances de sport à bord de la Station Spatiale Internationale.

La digitalisation du running

S’il y a bien un phénomène en grande partie responsable de l’essor grand public de la course à pied, c’est le digital. Que ce soit pour mesurer la performance sportive, trouver des partenaires, partager ses émotions avec ses amis ou s’équiper au moindre coût, de nombreux outils et services, développés par des start-up, viennent désormais enrichir l’expérience des amateurs de course à pied.

Lorsque l’amélioration de la performance devient l’objectif principal du coureur, les entraînements se multiplient et peuvent rapidement devenir lassant. Pour rompre cette monotonie, la start-up Kinomap offre une nouvelle expérience aux coureurs dans le cadre de leurs entraînements indoor : à travers une application et des centaines de vidéos, elle permet de s’entrainer en vitesse réel et en suivant le parcours de son choix (Mont Ventoux, tracé du marathon de Boston…). Souvent à la pointe en matière d’innovation, l’entreprise Kettler a misé sur ce système en développant une application, Kettmaps, utilisable sur les tapis de course, les rameurs et les vélos qu’elle développe.

L’application Kettmaps utilisée par un cycliste qui s’apprête à suivre le parcours du BerlinMan Triathlon.

S’il est souvent difficile de trouver la motivation pour courir, a fortiori seul, il existe aujourd’hui des applications qui permettent de trouver rapidement et simplement un partenaire de course doté d’un niveau similaire et en quête des mêmes objectifs. C’est le cas de OuiRun dont le concept est novateur puisqu’il s’agit de la première application proposant ce type de service pour le sport tout en fonctionnant sur un système de matching.

D’autres applications communautaires existent comme Sport Heroes et SquadRunner qui ont misé sur des leviers différents pour aider ses utilisateurs à se mettre au sport. La première s’est appuyée sur le levier de la récompense en récompensant les kilomètres parcourus : plus le sportif court, plus il gagne des points qui lui permettront de bénéficier de bons de réductions et d’achat auprès de marques partenaires. La seconde s’est également intéressée aux mécanismes de la motivation et en a défini deux chez l’Homme : se prouver à lui-même qu’il progresse dans le temps et montrer aux autres qu’il est le meilleur. Plus qu’un post sur Facebook ou Instagram, SquadRunner invite le sportif à constituer son équipe et à en défier d’autres autour de lui, créant ainsi une compétition internationale de course à pied en équipe.

La diversité de l’offre des équipementiers

Une fois motivé, encore faut-il bien s’équiper. Or,  il est parfois difficile de déterminer correctement le type de matériel qui correspond le mieux à sa morphologie et à ses objectifs.

Pour simplifier la tâche parmi tous les choix de produits et de marques sur le marché, Fitmyrun a créé un service innovant de conseil en équipement. Sélection de chaussures, de textiles mais également de montres de running, le service offre la possibilité à chacun d’entre nous de bénéficier de conseils et recommandations personnalisées. « Une chaussure correspond à un profil, mais pas à tous les profils » explique Guilhaume Feregotto, co-fondateur du service. Ainsi en fonction des renseignements fournis par l’utilisateur sur la plateforme, un algorithme propose cinq modèles correspondant le plus à ce dont le coureur a besoin. L’utilisateur n’a ensuite plus qu’à comparer les tarifs proposés sur les diverses plateformes e-commerces partenaires de la start-up.

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Fonctionnement du service Fitmyrun.

Pour ceux qui ne veulent pas investir dans du neuf ou qui ne savent plus quoi faire de leurs chaussures, RunCollect développe un concept éco-responsable. Le principe est simple, celui d’échanger ses vieilles chaussures usagées contre des bons d’achat et de permettre à ceux qui n’ont pas envie ou les moyens de s’équiper en neuf de se chausser. Ainsi, selon leur degré d’usure, les chaussures seront soit distribuées à des associations caritatives soit directement recyclées.

Eviter la blessure constitue aussi un enjeu primordial pour les coureurs. Celle-ci intervient d’ailleurs souvent chez le coureur néophyte, souvent à cause d’un mauvais choix de matériel (soit inadapté, soit trop usé). Pour pallier à cela et prévenir les blessures, la start-up Feetme a conçu une semelle connectée révolutionnaire qui mesure l’efficacité de la foulée en temps réel.  « Relier à un smartphone, elle permet d’améliorer sa course tout en prévenant des douleurs de genou ou de dos dues à une mauvaise position » précise Alexis Matheu, co-fondateur de Feetme.

Des start-up proposent également de bénéficier d’un avis médical. C’est par exemple le cas de la start-up Premedit, avec son application de coaching médico-sportif Running Care. L’application permet au coureur de passer une visite médicale virtuelle sous forme de questionnaire. Muni d’une smartwatch, le coureur est alerté dès qu’une anomalie est détectée. Un prototype a d’ailleurs été présenté au dernier Salon du Running  à Paris.

Des innovations qui sortent de l’ordinaire

Ainsi, de nombreuses barrières sont progressivement levées : nouvelles sources de motivation, marketplaces et conseils personnalisés, équipements de plus en plus innovants…

Il y a également d’autres types d’innovations qui s’invitent dans la partie, notamment certaines liées à l’environnement.

Une start-up lyonnaise a par exemple créé Wair, un foulard anti-pollution connecté qui informe sur la pollution et indique le coureur à chaque fois qu’il entre dans une zone polluée. Plus qu’un outil informatif, il s’agit réellement d’un outil préventif et protecteur puisque son système de filtrage arrête 99% des particules fines et des bactéries causées par la pollution.

Le premier foulard connecté de Wair

Le premier foulard connecté de Wair.

La start-up Wise Pack ambitionne quant à elle de mettre en place une solution d’hydratation innovante pour le coureur à pied. Elle vise à proposer une solution win-win, tant pour l’environnement que pour le coureur à travers le développement d’une bille d’eau biodégradable.

Elle se positionne également sur le marché de la nutrition sportive (sous le nom de Swala), avec la sortie récente d’un bracelet énergétique pour nourrir le coureur en un seul geste ainsi que des cures à base de micro-algue pour préparer ses prochaines échéances sportives.

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Le bracelet énergétique de la start-up Swala.

Enfin nous ne pouvions parler de l’essor de la course à pied sans évoquer le nombre toujours plus important de courses ludiques, fun et compétitives qui apparaissent chaque année. Des courses à obstacles, à thèmes, à contraintes qui rassemblent coureurs et pratiquants non réguliers pour des moments de partage et de plaisir.

Ainsi, le 19 mars dernier, la LOVE RUN débarquait à Paris : une course en duo avec de nombreuses animations et festivités dédiées aux couples.

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Edition 2016 de La Parisienne. Crédit : Site officiel La Parisienne.

En septembre prochain, La Parisienne fêtera quant à elle son 21ème anniversaire. En 1997, cette course 100% féminine réunissait déjà 1500 participantes. En 2016, les participantes étaient quasiment 40 000 ! Il s’agissait de mêler fête et sport en famille ou entre amis entre la Tour Eiffel et le Louvre. Les mots d’ordre étaient donc sport, festivités, plaisir. Le leitmotiv du runner 2.0 ?

 

 

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