Quand les startups investissent le monde du sport – Témoignage du Tremplin et des startups incubées

Fort d’un marché florissant, l’univers du sport se révèle un terrain de jeu particulièrement propice à l’innovation et attire de nombreux entrepreneurs qui séduisent les investisseurs.

Le capteur Sport Tracking porté à la poitrine enregistre 150 indicateurs de performance.

Le capteur Sport Tracking porté à la poitrine enregistre 150 indicateurs de performance. / Mac-Lloyd

L’Olympique lyonnais ou encore le Racing 92 se sont laissés séduire. Les deux grands clubs de football et de rugby utilisent, comme de nombreuses autres équipes ou fédérations, les capteurs connectés de la start-up française Mac-Lloyd, née en janvier 2013. Avec sa technologie de pointe et notamment son capteur miniature Sport Tracking, la société propose un outil permettant de collecter en temps réel 150 indicateurs de performance et de les analyser. Des informations fondamentales dans la recherche de performance inhérente au sport de haut niveau.

Le sport, un secteur d’avenir

Distinguée à plusieurs reprises, adhérente du Tremplin, la plate-forme d’innovation pour le sport de la Ville de Paris (voir ci-dessous), Mac-Lloyd est l’une des start-up les plus prometteuses du monde du sport. Il y a peu, la société a levé 1,4 million d’euros pour poursuivre son développement en France mais aussi à l’international, en ciblant plutôt les pays émergents. Ambitieuse et utilisant à plein les nouvelles technologies, elle illustre le dynamisme d’un secteur débordant d’idées innovantes, qui connaît un « boom » notamment avec l’essor du smartphone.

« Le sport est un marché en extension, assure Benjamin Carlier, directeur du Tremplin. De plus en plus de gens pratiquent une activité sportive, le sport attire toujours plus de personnes devant leur télévision. Il prend de manière générale une place fondamentale dans la société. Naturellement, cet univers suscite l’attention des entrepreneurs et intéresse les fonds d’investissement. Ces derniers considèrent le sport comme un secteur d’avenir. S’il pouvait auparavant rencontrer des résistances, il est aujourd’hui perçu comme un domaine porteur où il est plus facile de communiquer. »

Du réseau social sportif à l’outil de gestion

Les exemples de start-up qui se lancent et attirent des investisseurs ne manquent pas. Ainsi, la plate-forme Jogg.in (350 000 inscrits), créée en 2013, qui « facilite la mise en relation des sportifs pour leur permettre de se retrouver facilement pour courir ensemble » a pu lever 280 000 € auprès de Bpifrance l’an dernier.

De la plate-forme de financement participatif dédiée à l’univers sport (Fosburit) au réseau social du sport (Goaleo), les domaines de l’innovation, essentiellement liée aux outils numériques, sont très larges. SportEasy, par exemple, est une application Web et mobile qui propose de « simplifier la vie d’une équipe amateur ».

« La gestion d’une équipe est très chronophage et nécessite plusieurs outils (SMS, mails…), explique Nizar Melki, cofondateur de la start-up. Nous, nous regroupons tout ce dont les sportifs amateurs ont besoin pour leur équipe. L’application permet de gérer l’organisation (lieu et date des matchs, disponibilités des joueurs), mais aussi de prolonger l’esprit d’équipe en ajoutant des photos, en notant les performances des joueurs… » Sport­Easy, qui possède une version de base gratuite et une version enrichie payante, revendique aujourd’hui 400 000 utilisateurs. Pour accélérer son développement, la start-up espère lever 1,5 million d’euros en juin.

Dans un même esprit de simplification, Gymlib propose sur sa plate-forme de faciliter l’accès aux salles de sport sans passer par un abonnement annuel. La start-up négocie des tarifs avec les salles de sport pour offrir des accès de courte durée (une fois, cinq fois, trois mois…). « L’idée est le fruit de notre expérience personnelle, raconte Mohamed Tazi, cofondateur de Gymlib qui compte 20 000 utilisateurs. C’était frustrant de devoir payer un abonnement à l’année alors qu’on ne se rendait plus à la salle, faute de motivation ou de temps. »

Un phénomène durable  ?

L’univers des start-up françaises dans le monde du sport attend encore l’émergence de sociétés florissantes à l’image de BlaBlaCar, plate-forme communautaire payante de covoiturage créée en 2006, qui compte désormais 25 millions d’utilisateurs répartis dans 22 pays.

Si une certaine effervescence agite le secteur de l’innovation dans le sport, assiste-t-on à un phénomène durable ou à un effet de mode qui laissera de nombreuses start-up au tapis ? « C’est un domaine qui attire beaucoup de gens mais où il est difficile de se développer », assure Pierre-Arnaud Coquelin, l’un des fondateurs de Mac-Lloyd, prévoyant un important « écrémage ». Comme dans l’univers concurrentiel du sport, seuls les meilleurs seront récompensés.

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« Le tremplin », l’incubateur du sport

En novembre 2014, la mairie de Paris et Paris & Co, l’agence de développement économique et d’innovation de Paris, ont lancé un incubateur de start-up dédié aux innovations dans le domaine du sport, baptisé « Le tremplin ». Cette plate-forme offre à des entreprises innovantes un ensemble de services tel qu’accompagnement personnalisé, accès à des financements privilégiés, espace de conférences, espace ouvert de coworking, visibilité médiatique… La première promotion était composée de 17 start-up, dûment sélectionnées. Elles seront bientôt rejointes par une deuxième promotion d’une quinzaine de sociétés. Installé depuis avril 2015 dans le 19e arrondissement de Paris, l’incubateur prendra prochainement ses quartiers définitifs au cœur du stade Jean-Bouin, l’enceinte où évolue le club de rugby du Stade français, à deux pas du Parc des Princes.

 

Article réalisé par La Croix, de Arnaud Bevilacqua, publié le le 06/05/2016 à 17h37

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